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The Bards of Wales de Karl Jenkins

The Bards of Wales de Karl Jenkins

Le Roi Edward parcourt les collines de son royaume sur son étalon. Il commande à ses courtisans de lui montrer les limites de son territoire car il ne les connaît pas. Craintif, il demande à ses troupes que le peuple soit à ses pieds et que les éventuels rebelles soient aussitôt massacrés. Les courtisans le rassurent en tout point en disant que ces misérables gallois sont tellement terrorisés qu’ils se cachent dans leurs maisons dans un silence de mort.
Le Roi peut donc pavoiser sur son étalon et faire organiser un souper somptueux  avec tout ce que l’île produit de meilleur et même avec du vin Bordeaux. Son mépris s’adresse à tout le monde, paysans, bards et courtisans. Avec des paroles offensantes, il les accuse de ne pas l’aimer voire le détester sournoisement. Alors qu’un silence de mort flotte dans la salle, le plus âgé des bards, à la surprise générale, se lève et, en touchant la lyre au lieu de chanter ses louanges, l’accuse de terroriser ses sujets et de massacrer toutes les personnes valables et courageuses. Si personne ne chante plus à sa gloire c’est de sa faute, il est le seul responsable de ce qu’il lui arrive. Son comportement empeste l’atmosphère et sème la mort. Tout le monde pleure, les morts sont aussi nombreux que les épis de blé.  La réaction du Roi est féroce, il fait mettre tous les bards sur le bûcher.
Maintenant le Roi a peur de la rébellion généralisée, il commande à ses sbires d’écraser les révoltes sans succès. Il n’arrive plus à dormir, il a peur que la malédiction l’emporte.
Quel est le message que K. Jenkins porte avec cette œuvre puissante?

Il met en scène un Roi comme symbole d’un pouvoir  absolu. Cela s’adresse à n’importe quel puissant de la terre. Les comportements et les valeurs que l’auteur dénonce, sont l’arrogance, la tyrannie, la recherche de puissance dictatoriale, l’injustice et le manque de respect pour les autres. La puissance, l’argent et l’arrogance isolent l’individu au lieu de le rassurer comme on pourrait le croire. Le mal que l’on fait aux autres se retournera tôt ou tard contre soi même.
Dans toute son œuvre, K. Jenkins démontre un grand respect  pour les cultures de tous les Continents. Dans son Requiem, le Stabat Mater, Bars of Wales … il insère systématiquement des éléments culturels de plusieurs pays.
La générosité et le sens de justice de K. Jenkins lui valent l’amitié de ses collaborateurs. La grande fête que nous allons célébrer pour ses 70 ans en est la démonstration éloquente.
Avoir convoqué des chœurs de tous les Continents prouve encore une fois son esprit d’ouverture mondialiste et pacifiste. Nous avons le grand honneur d’avoir été choisis parmi des milliers d’autres chœurs du monde entier. Nous nous devons d’apprécier l’honneur qui nous a été réservé en nous engageant à fond pour  interpréter  le mieux possible le Bards of Wales.

Franco Francia, Thoiry, janvier 2014

 

 

 

 

The Music of Karl Jenkins, a 70th Birthday Celebration

Le chœur classique Ensemble Jean-Philippe Rameau a deux ans. Une existence brève mais ô combien riche en événements artistiques !Son nom l’indique : l’Ensemble est plutôt tourné vers la musique baroque. En effet, Jean-Philippe Rameau, né en 1683, était un proche contemporain de J.S. Bach et de G.F. Haendel. Il reste l’un des plus grands compositeurs français de ce temps.Ainsi, les premiers concerts du chœur en 2012 et 2013 avaient pour thème la musique du siècle des lumières avec notamment le magnifique « De Profundis » de Delalande, le « Gloria » de Vivaldi, des extraits d’opéra de Lully et de Rameau ainsi que de la musique sacrée étrangère de la même époque.Et pourtant … Malgorzata Digaud, la Directrice de l’Ensemble Jean-Philippe Rameau, a fait un grand écart vers la musique contemporaine. C’était en novembre 2012. Elle a réuni 180 choristes et 80 musiciens pour interpréter le Requiem de Karl Jenkins. Suite à l’enregistrement de l’un des 4 concerts donnés à Divonne et en Suisse – notamment à la Cathédrale de Genève – Madame Digaud est invitée au Carnegie Hall à New York.Ce sera en janvier 2014 qu’elle s’y rendra avec 70 choristes franco-suisses de l’Ensemble Jean-Philippe Rameau. Le «Benedictus » dirigé par le Maestro Jenkins lui même et « The Bards of Wales » du même compositeur (en première aux US !) seront chantés par les choristes de l’EJPR et 250 voix venues du monde entier. (26.8.2013/Hermine Lamy)

Voir aussi le reportage sur France 3
Renseignements au 06 08 64 48 04.
www.ensemblejeanphilipperameau.org

Fans in New York – Karl Jenkins‘s brilliant Bards of Wales gets its US premiere January 2014, with Distinguished Concerts International New York, at Carnegie Hall!
Spread the word – you can get your tickets here now!
http://www.carnegiehall.org/Calendar/2014/1/20/0700/PM/Distinguished-Concerts-International-New-York/

Jonathan Griffith, DCINY Artistic Director and Principal Conductor

Jenkins: Stabat Mater
Jenkins: The Bards of Wales (US Premiere)
Jenkins: Benedictus from The Armed Man: A Mass For Peace
Karl Jenkins , Composer-in-Residence

Soloists:
Rhys Meirion, Tenor

Charlotte Daw Paulsen, Mezzo-soprano
Belinda Sykes, soloist
Darik Knutsen, Baritione
Samuel Smith, Bass-baritone

Rameau: Le Grand Théâtre de l’amour

L’ensemble Les Ambassadeurs et la soprano Sabine Devieilhe placés sous la direction d’ Alexis Kossenko interprètent des œuvres de Jean-Philippe Rameau.
Paru le 4 novembre 2013 chez Warner Classics International
Diapason d’or (novembre 2013)

Après des études de violoncelle et de musicologie, Sabine Devieilhe sort en 2011 du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris avec le Premier Prix à l’unanimité et les Félicitations du Jury. Elle suit ainsi les enseignements de Jocelyne Chamonin, Martine Surais, Pierre Mervant, Malcom Walker ou encore Kenneth Weiss, Anne Le Bozec, Susan Manoff et Olivier Reboul. Membre de plusieurs ensembles professionnels tels que Pygmalion (dir. Raphaël Pichon) et Les Cris de Paris (dir. Geoffroy Jourdain), elle se produit dans un vaste répertoire de la musique ancienne à la musique contemporaine.

La MMV et le Requiem de Karl Jenkins

18.11.2012 par Lucette Robyr (Versoix Région, num.224 déc. 2012)

Ce dimanche 18 novembre 2012, c’est à la Cathédrale St-Pierre à Genève – en présence des autorités versoisiennes, de hautes personnalités et d’un public enthousiaste de plus de 1100 personnes salué par M. Alain Riat, président de la MMV – que la Musique Municipale de Versoix nous offrit un magnifique concert. Certes, elle n’était pas la seule, puisqu’elle était accompagnée de la Musique d’Harmonie « Les Armes-Réunies de la Chaux-de-Fonds ».
Vous l’aurez compris ! Pour chanter un requiem, il faut des chœurs : celui de l’Avenir de Saubraz, celui des dames « L’Hirondelle » de Yens, le chœur d’hommes de Yens-Gimel-Apples et l’ensemble Jean-Philippe Rameau du Pays de Gex, soit au total 200 choristes et 80 musiciens (dirigés alternativement par M. Claude Surdez et Mme Malgorzata Digaud). Couronnement d’un concert donné préalablement à Yens sur Morges, La Chaux-de-Fonds et Divonne-les-Bains. Terminer dans une cathédrale, aussi renommée que celle de St-Pierre, n’est-ce pas rendre hommage à cette musique sacrée qu’est un Requiem ?

L’œuvre de Karl Jenkins, né en 1944, compositeur et musicien gallois fut adaptée et transcrite pour harmonie et direction d’orchestre par Claude Surdez, directeur de la MMV. Succès sur toute la ligne. La musique développait ses sonorités avec fougue ou délicatesse, sensibilité ou exubérance. Mais souvent, au cours des différents morceaux, sous l’effet des flûtes, hautbois, clarinettes, cors et trompettes, ce n’était que prière et méditation. Ce requiem, écrit en 2005, dédié à son défunt père, «qui était un musicien, un ami et une inspiration », note le compositeur, intègre dans son œuvre des petits poèmes japonais sur des airs de Shakuhachi (longue flûte à bec en bambou propre au Japon) interprétés par Dieter Nanz, maître-flûtiste et musicologue. Idée originale, s’il en est, d’insérer ces reflets de la nature évoquant la neige, les fleurs de cerisier, l’eau, la lune, les nuages, l’esprit qui erre dans les champs après avoir pris congé de la vie avec une bénédiction. Chants en latin, chants en japonais dégageaient avec finesse leurs gammes de solos (solistes ou instruments). Honneur aux soprani Rachel Flühmann (mezzo-soprano), Marie Gogniat, Cécilia Urfer, à la harpiste Elodie Wuillens,  à l’hautboïste et au flûtiste.
Chaque morceau musical traduisait le chemin de lumière vers laquelle s’ouvre le défunt : larmes, tristesse, colère, miséricorde, crainte et pitié, repos éternel. Mais combien est belle l’arrivée dans la lumière, âme accueillie par les anges et conduite au paradis ! Lorsque la harpe égrène ses notes, puis flûtes et clarinettes seules, c’est le chagrin qui se dessine en filigrane. On ne saurait rester insensible au bourdon qui retentit et à cette atmosphère mélancolique de souffrance ; les percussions dans toute leur puissance, non seulement nous font entrevoir le Jugement dernier, mais aussi l’entrée dans la joie de la Jérusalem céleste. (Dies irae et In Paradisum).

Chœur et orchestre ont si bien rendu cette longue progression de la mort à la vie par une exécution parfaite des intensités variables de la voix en un ensemble imposant et harmonieux, soutenu et enjolivé par l’expression des timbres et des sonorités des instruments, expression subtile aux influences japonaises, que le voyage du défunt semblait plein de mystère, de sagesse et de libération.
Une véritable ovation fut faite à tous les artistes qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes et sans aucun doute, c’est avec des milliers de fleurs qu’on leur adresse à tous, aux bénévoles, donateurs, annonceurs et les grands soutiens, nos vifs remerciements et sincères félicitations pour cette lumineuse soirée musicale. Longue vie à la MMV.

Photos J. Robyr


Ton Koopman, l’apôtre épicurien de Bach

Ton Koopman, l’apôtre épicurien de Bach

De Julian Sykes (Le Temps,  samedi 19 janvier 2013)

Ton Koopman. Sous ses dehors d’homme rangé, le chef et claveciniste neérlandais insuffle un élan irrésistible à la musique baroque. (DR)
Le chef et claveciniste néerlandais dirige trois cantates du «Cantor» mardi, à La Chaux-de-Fonds. Parcours d’un champion de la musique baroque.

Sous sa barbe blanche, Ton Koop­man n’a rien d’un sage. On imagine que le chef d’orchestre néerlandais, truculent, tendre, généreux, doit être un peu comme Bach. Une bête de travail, presque un forçat, capable d’aligner des heures d’études et de répétitions, mais qui dévore la vie. Ton Koopman est l’un des chefs de file de la musique baroque. Il a enregistré l’intégrale des 200 Cantates de Bach et toute l’œuvre de Buxtehude (32 CD!). Ce mardi, il dirige trois Cantates de Bach (BWV 104, 140 et 147), à la Salle de musique de La Chaux-de-Fonds.

«Jean-Sébastien Bach est le plus grand compositeur de toute l’histoire de la musique, dit-il tout de go. Certaines cantates sont supérieures aux autres, mais je n’ai trouvé aucun déchet dans sa production.» Deux cents cantates donc, sacrées et profanes, qu’il a enregistrées entre 1994 et 2003. «J’ai l’âme d’un collectionneur. J’ai une passion pour les livres anciens et les gravures, surtout sur la musique. Une intégrale donne l’occasion d’examiner les facettes inconnues d’un compositeur.» Il y a douze ans, Ton Koopman se promenait avec des valises entières de cantates de Bach – «très lourdes», disait-il – pendant ses tournées. Il les étudiait dans sa chambre d’hôtel, en catimini, et s’émerveillait de tout ce qui fait le génie de Bach.

«Bach était capable, avec quelques accords, de dire une vérité qui nous touche beaucoup. Il y a bien sûr sa maîtrise intellectuelle, son art du contrepoint, mais sa musique n’a rien de sage. Voyez la cantate Wachet auf, ruft uns die Stimme: elle commence avec un petit motif en rythme [il se met à chantonner], on se demande ce qu’il va faire avec ça, et il en fait une construction géniale!» Ton Koopman évoque ce duo entre une soprano et une basse (laquelle incarne Jésus), où le croyant implore l’aide du Sauveur dans la crainte. «Ce pourrait être aussi un duo d’opéra. Chez Bach, il n’y a pas de différence d’idiome entre une cantate d’église et une cantate profane. Ce qu’il peut faire pour le bon Dieu, il le fait aussi pour un bon homme!»

Le génie de Ton Koopman, c’est d’avoir surfé sur la vague des instruments d’époque dans les années 1960, lorsque ce mouvement paraissait suspect aux oreilles de beaucoup. Harnoncourt propageait alors les opéras de Monteverdi aux Pays-Bas. Le chef et claveciniste Gustav Leonhardt (mort il y a un an) défrichait des pans entiers de musique ancienne avec son Leonhardt-Consort. Mais le maniement des instruments d’époque était approximatif; tout cela sonnait un peu raide et scolastique.

Peut-être est-ce parce que son père était batteur de jazz amateur que Ton Koopman a le rythme dans le sang. Né à Zwolle en 1944, seul musicien d’une famille de sept enfants, il découvre le baroque à l’âge de 6 ans, à l’église catholique où il est enfant de chœur. Il commence à jouer du piano tardivement, à 10 ans. Mais c’est autre chose qui l’appelle, d’infiniment plus grand. «Un samedi après-midi, on m’a autorisé à jouer une demi-heure sur le grand orgue historique Schnitger à l’église Saint-Michel de Zwolle. Quelle merveille: c’était spectaculaire!»

L’adolescent s’éprend de l’instrument, et à 12 ans, il remplace l’organiste d’un couvent. Mais ce n’est qu’à 16 ans qu’il est autorisé à prendre des leçons. «Le professeur, à Zwolle, pensait que je ne pouvais pas atteindre le pédalier. Je lui ai dit «mais si, je peux!» Je lui ai présenté une pièce comme une Sonate en trio de Bach: il était stupéfait!»

Ton Koopman perfectionne donc l’orgue au Conservatoire d’Amsterdam, et apprend le clavecin auprès de Gustav Leonhardt. Il se familiarise avec tout le courant baroque qui fustige les Passions de Bach jouées à 300 choristes et musiciens! Il fonde lui-même ses ensembles, dont l’Amsterdam Baroque Orchestra en 1979. A la fois chef d’orchestre, chef de chœur, organiste et claveciniste, il profite du lancement du CD, dans les années 1980, pour enregistrer à tour de bras la musique de Bach (répertoire de clavecin, d’orgue, de musique orchestrale), mais aussi Haydn et Mozart. S’embarquant dans un vaste projet des Cantates de Bach en 1994, il déchante lorsque Warner – qui cesse ses activités dans l’industrie du disque classique – lâche Erato. Comme Jordi Savall et Gardiner, il fonde son propre label discographique qu’il baptise Antoine Marchand, à savoir son nom francisé, après une soirée bien arrosée (de bouteilles de Bordeaux!) avec des amis. «J’ai emprunté de l’argent dans une banque aux Pays-Bas et j’ai fait une hypothèque sur ma maison. C’était risqué, mais aussi le seul moyen de continuer le projet.»

A 68 ans, Ton Koopman ne s’embarquerait plus dans un tel marathon. Ce qui ne l’a pas empêché de boucler, en décembre dernier, l’enregistrement de l’œuvre intégrale de Buxtehude. Son appétit d’ogre et son rythme de vie trépidant expliquent pourquoi il a été taxé parfois de «superficialité» dans ses interprétations. Sur scène, c’est son rebond rythmique et son influx tendre qui enthousiasment. Koopman délivre un message radieux. Avec lui, Bach n’a rien d’un prédicateur pédant: cette musique sourit à pleines dents.

Ton Koopman, l’Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Ma 22 janvier à 20h15, Salle de musique, La Chaux-de-Fonds.

Chanter dans une chorale

Par Clarence (Surdemoi.com le 20 février 2012)

Chanter dans une chorale permet d’améliorer ses capacités vocales et d’agrandir son cercle d’amis.

Chacun peut chanter à sa façon, juste ou faux peu importe. La plupart du temps, on chante juste pour le plaisir. Toutefois, on n’est pas conscient qu’on n’utilise pas sa voix au mieux de ses capacités.Chanter dans une chorale est un moyen de l’améliorer grâce aux répétitions régulières appuyées par des cours de solfège. La plupart des stars de la chanson ne cessent d’apprendre et de s’exercer afin de garder et d’entretenir leur belle voix. Le but d’une chorale est de nous apprendre à chanter avec justesse et de déterminer quel pupitre vocal convient le mieux à notre voix : soprano, basse, alto ou ténor. Pour nous motiver, considérons notre voix comme un instrument d’une grande valeur dont il faut toujours prendre soin de peur qu’il ne s’abime. Avant d’arriver à chanter juste, il faut d’abord savoir écouter sa voix, reconnaitre et accepter que parfois certains sons émis soient dissonants et désagréables à l’écoute. Ceci est, peut être, dû à la nature de notre voix ou bien au manque de technique tout simplement. Le chef de chœur, avant de commencer, demande toujours à ses élèves de faire un petit exercice d’étirement et de se tenir bien droit pour un exercice de respiration qui consiste à faire une inspiration d’air maximum et une expiration profonde tout en appuyant sur le haut du ventre, comme pour un exercice des abdominaux. Après quoi, un exercice de vocalise est recommandé avant d’entamer le chant. Le but est d’échauffer les muscles phonatoires. On commence par une vocalise simple, puis on monte la note de musique d’un ton et on la redescend demi-ton par demi-ton et ainsi de suite. On peut le faire tout seul, mais le pratiquer en groupe est plus stimulant avec un coach expérimenté pour encadrer.

Chanter dans une chorale présente beaucoup d’avantages, non seulement une nette amélioration de la voix, mais aussi un développement individuel au niveau relationnel. Le groupe forge le caractère de ses membres. Le fait de chanter souvent devant une assistance plus ou moins nombreuse diminue peu à peu le trac et libère de la timidité. C’est au sein d’un groupe que l’on arrive à s’exprimer librement par le biais du chant. Chanter dans une chorale permet ainsi à chacun de se ressourcer, de sortir de la monotonie du quotidien et du cocon familial pour partager et découvrir d’autres passions avec d’autres personnes. Le fait de chanter ensemble procure du plaisir et libère le stress tout en renforçant les liens existant entre les membres du groupe. Chanter dans un chorale permet aussi de reconnaître sa place au sein du groupe, de découvrir ce que la musique représente réellement pour soi, qu’on soit débutant, amateur ou professionnel.
Chaque groupe de chorale a son propre répertoire : liturgique, classique, variétés internationales ou gospel. Selon le goût musical de chacun, on peut chanter dans une chorale qui joue le répertoire qu’on apprécie et qui nous attire. L’idéal est de faire partie d’un choeur qui interprète un répertoire mixte, pour la souplesse de la voix. Certaines chorales ne chantent qu’un seul répertoire et leurs exercices vocaux sont uniquement limités dans un domaine musical spécifique, comme une chorale avec un répertoire d’opéra. En revanche, d’autres chantent un répertoire mixte allant du classique à la variété internationale, en passant par le gospel. Les changements de genre musical permettent au groupe de progresser et de connaître d’autres cultures musicales différentes les unes des autres. Dans un répertoire, il existe des morceaux chantés spécialement par les voix féminines et d’autres morceaux par les voix masculines et enfin des morceaux spéciaux pour les voix des 4 pupîtres ou les voix d’ensemble.

Chanter dans une chorale, pour le plaisir et le bien être personnel

Rejoindre une chorale et y chanter relève d’une envie d’exprimer ses sentiments à travers le chant et de les partager avec d’autres personnes. Chanter avec justesse n’est pas donné à tout le monde ; il faut y croire et faire ses exercices vocaux de façon régulière, chaque jour.

« Atys » de Lully et la vague baroque

La re­créa­tion his­to­rique d’Atys en 1987 par le tan­dem Vil­lé­gier-Chris­tie a converti la France au ré­per­toire du grand siècle. Ex­pli­ca­tion du phé­no­mène alors que cette pro­duc­tion lé­gen­daire, re­prise en mai der­nier à l’Opéra-Co­mique, est enfin dis­po­nible en DVD.

Reprise d’ « Atys » à l’Opéra-Comique en mai 2011 (© Pierre Grosbois)

Il y a ceux qui ont pu réserver leur place un an à l’avance. D’autres qui se sont abonnés à la saison complète de l’Opéra-Comique pour être sûrs « d’en être ». Et puis il y a les moins chanceux qui arpentent la rue Favart, à Paris, en espérant décrocher au dernier moment une place au marché noir. Au fait, ces passionnés n’attendent pas la reformation des Doors ni les adieux de Johnny Hallyday. Dans une cohue et un brouhaha comme on n’en voit jamais aux abords d’une salle d’opéra, ils patientent avant de voir ou de revoir Atys de Lully, créé en 1987 dans la production de Jean-Marie Villégier, du chef d’orchestre William Christie et de ses Arts Florissants et repris en mai dernier.
Une fois la représentation commencée, le calme revient. Le public est là pour déguster et admirer. Car Atys, devenu un véritable mythe, est à l’origine de la grande vague baroque qui déferle sur la France depuis vingt ans. Dans la salle, la concentration est maximale, le bonheur palpable. Répondant à un besoin de nouveauté que la musique contemporaine n’arrive pas à étancher, la musique des XVIIe et XVIIIe siècles, celle de l’époque baroque, a retrouvé sa place dans la vie musicale et dans le cœur des mélomanes.
À la traîne avant le triomphe d’Atys, la France est désormais le premier producteur mondial du genre et une incomparable terre d’accueil. Ce n’est pas un hasard si de grandes figures de la musique ancienne, comme l’Espagnol Jordi Savall, le Belge René Jacobs ou l’Allemande Christina Pluhar, se sont installées dans l’Hexagone. Et si les Italiens redécouvrent eux aussi leur patrimoine, c’est bien souvent grâce à leurs engagements pour des concerts dans le pays de Lully et à l’investissement des maisons de disques tricolores. Ultime preuve : une enquête récente du magazine professionnel La Lettre du musicien recensait « plus d’une centaine d’ensembles baroques en France« . Un record mondial. D’autant plus surprenant qu’il y a vingt-cinq ans, les « baroqueux » étaient moins d’une douzaine.
Ce bouleversement ne serait sans doute pas advenu sans le choc provoqué par Atys en 1987. Créée en 1676, la tragédie lyrique favorite de Louis XIV, qui n’avait plus été jouée depuis 1753, vivait là une seconde naissance. Les choses n’allaient pourtant pas de soi. Les codes, le vocabulaire et le style de l’opéra prémozartien étaient alors totalement oubliés. Jusqu’au moment où William Christie, un Américain amoureux de la France et de sa musique ancienne, se donna pour mission de la rejouer selon ses principes originaux. L’idée, d’ailleurs, était dans l’air du temps. Mais si le Festival d’Aix remettait Rameau au goût du jour, Christie s’attachait, lui, à des maîtres plus méconnus encore : Lully et Charpentier. Atys fut le bon choix, au bon moment. Et une réussite totale.

ENFANTS D’ATYS

« Il y avait déjà eu de belles tentatives pour faire renaître l’opéra baroque, mais nous n’avions sans doute jamais vu un spectacle d’une telle éloquence, d’une telle évidence, donné avec un tel esprit d’équipe et de découverte », constate Lorraine Villermaux, l’administratrice de l’ensemble Les Talens lyriques. Comme tous les acteurs actuels de la France « baroque », elle « en était ». « C’est que nous sommes tous les enfants d’Atys », reconnaît volontiers Franck Jaffrès, le directeur artistique de Zig-Zag Territoires, l’une des nombreuses maisons de disques françaises
consacrées au répertoire baroque.

UNE VAGUE DE FOND

L’enregistrement, paru quelques mois seulement après la première du spectacle, connut lui aussi un immense succès et imposa Les Arts Florissants parmi les « best-sellers » du label Harmonia Mundi. Philippe Maillard, devenu aujourd’hui l’organisateur numéro un des concerts baroques à Paris, lançait son entreprise dans la foulée. Il ne fut pas le seul. « L’impact le plus direct d’Atys, analyse-t-il, a été la création de nombreux ensembles, qui sont actuellement les références de la vie musicale. » Notamment avec Christophe Rousset, le chef des Talens lyriques, Marc Minkowski (Les Musiciens du Louvre), Hervé Niquet (Le Concert spirituel) ou Hugo Reyne (La Simphonie du Marais). « Il y a peu de chefs d’orchestre brillant aujourd’hui dans ce répertoire qui n’aient pas fait leurs premières armes dans le chœur ou dans l’orchestre des Arts florissants« , remarquait Hugues Gall, directeur de l’Opéra de Paris de 1995 à 2004, en accueillant William Christie sous la coupole de l’Institut de France en janvier 2010. Il faut dire qu’en vingt-quatre ans, entre 1987 et 2010, le milieu musical classique s’est trouvé bouleversé. Loin d’être une mode éphémère, le mouvement de redécouverte de la musique baroque est devenu une vague de fond. Avec Atys comme modèle.

Le milieu professionnel fut d’abord surpris par le succès d’Atys, une œuvre inédite d’un compositeur mal connu. « Il y a eu une prise de conscience collective, et puis tout a changé très vite », se souvient Lorraine Villermaux. William Christie a fini par jouer dans les salles les plus académiques, comme le Palais Garnier, les productions se sont multipliées, des festivals se sont créés (Beaune, Ambronay…) et un centre de recherche a éclos à Versailles, le Centre de musique baroque de Versailles (CMBV). « Au début de notre aventure, souligne William Christie, nous avons constaté la santé précaire de la musique française par rapport aux musiques allemandes ou italiennes de la même époque, une musique fragilisée surtout par le manque de savoir-faire. Aujourd’hui, Lully ou Charpentier ont retrouvé leur place au Parnasse musical. » Tant et si bien qu’on ne peut plus imaginer de nos jours une saison lyrique sans une certaine dose de répertoire baroque.

Mais ce n’est pas tout. « Atys fut également un déclencheur pour les musiciens, rappelle Philippe Maillard. Avant, on disait que les musiciens étaient devenus baroques parce qu’ils n’avaient pas le niveau pour jouer dans les ensembles « normaux ». Après, cette forme de dédain a disparu. Les baroqueux n’étaient plus considérés comme des pionniers, ils pouvaient enfin assumer pleinement leur choix. » Du coup, les conservatoires ont suivi et forment désormais chaque année plusieurs dizaines de musiciens « baroques » — entendez : « sur instruments anciens ». En conséquence de quoi le niveau a monté. « Ce qui semblait difficile il y a vingt-cinq ans, constate William Christie, paraît plus simple aujourd’hui. Cela nous permet d’aller plus loin.»

Émerge ainsi un ensemble de nouveaux musiciens, ayant tout assimilé : d’abord le travail sur le langage musical de leurs aînés, mais aussi la couleur instrumentale, les liens entre la musique écrite et l’improvisation. « La situation est plus ouverte et plus tolérante que jamais », explique Philippe Maillard. Selon Franck Jaffrès, « la tendance actuelle est à la redécouverte du XVIIe siècle, encore mal connu. La boîte aux trésors est à peine ouverte. Il reste des milliers d’heures de musique passionnante à explorer. » De nouveaux groupes comme Les Traversées baroques, Correspondances ou Pygmalion s’y consacrent à leur tour.

Si les défis artistiques qui attendent les nouveaux musiciens sont nombreux, les questions économiques sont également primordiales. « Vendre des concerts d’artistes inconnus jouant des œuvres inconnues n’est vraiment pas facile », reconnaît Philippe Maillard. D’autant que la concurrence est de plus en plus rude. Signe que les formations baroques « sont peut-être en nombre trop important », comme le remarque la responsable du mécénat culturel de la Fondation Orange, qui a aidé de nombreux jeunes musiciens à se lancer.

PARADOXAL SYSTÈME

Le mouvement baroque, né à l’époque où l’on créait les « Journées du patrimoine », a toujours valorisé l’entreprise individuelle. Il est vrai que les années 1980 furent aussi celles du virage « libéral » de l’économie française. Peu aidés par le ministère de la Culture (les subventions de la douzaine des « gros » ensembles baroques seraient égales à celle d’un grand orchestre parisien), les jeunes musiciens multiplient les résidences en région pour boucler leurs budgets. Un système paradoxal qui impose une implantation locale forte à des ensembles à vocation internationale. Il s’est ainsi créé un monde musical à deux vitesses : la vie sans risques pour les orchestres traditionnels et l’intermittence pour les baroqueux.

Un modèle unique reste donc à inventer. Car depuis trente ans, l’État se contente de suivre le mouvement et « n’a pas pris le temps d’une réflexion sur le fond », regrette Lorraine Villermaux. Pour augmenter les subventions des baroqueux, une solution serait d’en supprimer ailleurs puisque le montant global, lui, n’augmentera pas… Mais c’est une décision qui demanderait un réel courage politique. Elle n’a pas été prise jusqu’à présent. « C’est d’autant plus étrange, poursuit l’administratrice des Talens lyriques, que la musique baroque est devenue un domaine d’excellence de la France et un véritable secteur créateur d’emplois. »

Quant à Lully, il est mieux connu : Christophe Rousset a ainsi enregistré son dernier opéra encore inédit au disque, Bellérophon — un « Choc » dans le n° 131 de Classica. Rançon du succès car signe d’une certaine banalisation : de nombreuses productions ont été montées, mais bien peu ont su retrouver la vigueur de la mise en scène de Jean-Marie Villégier [ci-contre, avec William Christie, lors de la reprise d' »Atys » à l’Opéra-Comique en mai 2011]. Atys a tendu un miroir dans lequel le monde musical n’a pas fini de se regarder.

Bertrand Dermoncourt

Respect de la partition

RESPECT DE LA PARTITION : DU RIFIFI CHEZ LES CHANTEURS
de Patrick Bron

 Contrairement à un livre ou un tableau, une partition musicale n’est qu’un enchevêtrement de signes cabalistiques qu’il faut décoder grâce au mode d’emploi du solfège. Sans l’intermédiaire d’un interprète entre compositeur et public, point de musique, puisque cet art n’est pas visuel.

 A l’époque baroque, on ne fournissait que très peu d’indications pour caractériser l’exécution, la tradition des différentes écoles étant connue de tous. Mais plus on avance dans l’histoire de la musique, plus les compositeurs prennent des libertés et innovent. Il convient alors de tout préciser : nuances, liaisons, accents, phrasé, ralentis, accélérations, tempo métronomique, couleur sonore, mise en évidence d’un registre, voire même coups d’archets, pour ne pas parler des œuvres contemporaines où le créateur invente une notation personnelle qu’il doit expliquer en exergue. Il n’est pas rare que chaque note soit ainsi affublée de plusieurs signes…

 C’est la mission de l’interprète de décripter avec exactitude les intentions du compositeur et de tenir compte des contingences stylistiques. Lui reste-t-il une « marge de manœuvre » ? Il faut n’avoir jamais écouté ces passionnantes « Tribunes de critique de disques » à la radio pour en douter. Les invités y comparent différentes versions de la même œuvre, et chipotent allègrement sur les tempi, les attaques, l’articulation des doubles croches  ou  le climat de l’introduction… J’ai même entendu un docte journaliste fulminer que « Quand on n’aime pas Darius Milhaud, il ne faut pas le diriger ! » Manque de pot : après une écoute « à l’aveugle », le meneur de jeu a annoncé que l’enregistrement était dirigé… par le compositeur !

 Qu’un créateur ne soit pas forcément le meilleur interprète de sa musique, on le savait déjà. Mais à l’inverse, on raconte que Ravel avait assisté à une exécution de son Boléro dirigé par un jeune chef dont l’humilité ne figurait pas sur sa carte de visite. A l’issue du concert, ce dernier va le trouver en quête de compliments.

–       « Alors, Maître, ça vous a plu ? »

–       « Beaucoup trop rapide ! »

–       « Mais si on le joue à votre tempo, ça devient ennuyeux. »

–       « Et bien ne le faites pas ! »

 L’assimilation d’une partition demande beaucoup de rigueur pour la transmettre sans trahir son auteur. La plupart des chefs d’orchestre, de fanfare ou de brass band la relisent plutôt quinze fois qu’une. Etonnamment, c’est dans le domaine de l’art choral que ce beau souci n’est malheureusement pas toujours de mise…

 Que de fois ai-je entendu : « Ce chœur, je le sens plutôt comme ça ! » Et de transformer une pièce rythmique en berceuse gnan-gnan, malgré l’énoncé très clair du tempo et du caractère. « S’il fallait encore s’occuper des indications du compositeur ! », claironnait un chef chevronné à un collègue surpris de son interprétation… plutôt personnelle. Agacé par ces pratiques, Vincent Girod écrivait au bas d’une de ces dernières œuvres : « Monsieur Cluytens disait que sa plus grande motivation de maestro était le respect absolu de l’écrit, afin d’être le plus proche possible de l’intention du créateur. On est loin de son humilité dans certains milieux où les indications de tempo ne sont pas prises en compte, où le rubato vient à tout moment affadir les inflexions naturelles des textes de manière pléonastique, où l’on se permet d’octavier, voire de modifier ici ou là une note pour « enrichir » un accord. Bravo à qui transmettra le langage de cette œuvre avec le respect que je souhaite ardemment. »

 Est-ce jouer les ayatollahs que de souscrire pleinement à ce « coup de gueule » ? Car s’il est indispensable de donner vie à une banale feuille de papier, peut-on sans gêne se l’approprier sous le seul prétexte qu’étant éditée, n’importe qui a le droit d’en faire n’importe quoi ? Certains y voient le signe inquiétant de quelques chefs peu compétents – mais très imbus de leur fonction – qui utilisent une partition pour affirmer leurs prérogatives… L’art choral mérite mieux que ça !

Ensemble Jean-Philippe Rameau

200 choristes et 80 musiciens pour un grand concert

de Suzanne BEL  (Le Dauphiné Libéré le 22/09/2012)

Le premier grand rendez-vous musical de l’Ensemble Rameau est actuellement en pleine préparation.
Depuis mai dernier, Malgorzata Digaud, chef de chœur et Éric Digaud, son mari, préparent près de 200 choristes au Requiem de Karl Jenkins. Ils seront accompagnés par 80 musiciens. Ce sera un des événements musicaux majeurs de la rentrée, programmé le 17 novembre dans la région.
De nombreux projets en 2013
« Mais les projets 2013 de l’Ensemble sont d’ores et déjà fixés », confie la présidente du chœur, Hermine Lamy. Et quels projets ! « La direction musicale a concocté un très beau programme de musique baroque internationale. »
On connaît toutes les qualités de ce nouvel ensemble, où les choristes de la région sont venus rejoindre rapidement la jeune formation du chœur.
Malgorzata et Éric Digaud ont une grande qualité en symbiose : ils forment les choristes de manière rigoureuse, stimulante et joyeuse.
« Tout au long de cette année, des masters classes ont été donnés pour acquérir de nouvelles techniques vocales, ayant particulièrement trait au chant baroque ». L’adhésion de l’ensemble a été totale.
L’Ensemble Jean-Philippe Rameau pourra, une fois de plus, compter sur la collaboration de l’Orchestre à cordes du Pays de Gex. Trois concerts en mai 2013 sont déjà fixés, d’autres dates sont susceptibles de s’y ajouter.
Un programme riche et varié
Le futur programme est riche et varié avec des œuvres de Gregorio Allegri, Francisco Lopez Capillas, la Missa Super O Gloriosa Domina, de Marcin Mielczewski et un Gloria de Vivaldi, le moins connu, dont la “polyphonie”, écrite au début des années 1700, fera connaître une deuxième version du célèbre Gloria.
Créé il y a juste un an par Malgorzata et Éric Digaud, l’Ensemble Jean-Philippe Rameau, chœur classique d’une cinquantaine de choristes, peut faire une rétrospective réjouissante de ses activités.
Quatre concerts donnés au printemps et en été 2012, en collaboration avec l’Orchestre à cordes du Pays de Gex, ont mis en valeur le Requiem à travers les siècles. Le chant grégorien a capella, des extraits du Requiem contemporain de Jenkins et le magnifique De Profundis du compositeur baroque M.R. Delalande, ont conquis un public nombreux et enthousiaste. Les derniers concerts ont apporté la preuve que « le pari de l’excellence a été gagné : qualité vocale du chœur, prestation professionnelle des solistes et interprétation délicate d’une suite de Charpentier par l’Orchestre à cordes du Pays de Gex ont été au rendez-vous », comme le soulignait Hermine Lamy, présidente du chœur.
La programmation future partira à la découverte d’une nouvelle conquête de la musique baroque.
Le chantre romain Gregorio Allegri a composé son fameux Miserere au 17 e siècle. Jusqu’au 18 e, le Vatican s’est réservé l’exclusivité de cette œuvre chantée uniquement à la chapelle Sixtine, la semaine sainte.
Le Miserere a conservé sa réputation de mystère et d’inaccessibilité. Il est un vrai défi pour les soprani et demande une maîtrise parfaite de la voix.
Le chœur passera de Rome à Mexico City au 17 e siècle avec Francisco Lopez Capillas, le compositeur le plus prolifique de messes baroques de son pays. Le motet Alléluia. “Dic nobis, Maria” est considéré comme un chant à quatre voix sophistiqué.
Malgorzata Digaud fera aussi découvrir un musicien de son pays natal. Marcin Mielczewski, considéré comme le “Monteverdi polonais”, avec la riche Missa Super O Gloriosa Domina datant du 17 e pour voix et instrument.

LE METRONOME

LE METRONOME : ANCÊTRE DE LA BATTERIE ET DE LA TECHNO ?
de Patrick Bron

Vous connaissez tous cet objet qui a martyrisé tant de générations d’apprentis musiciens : le métronome. Inventé par Johann Nepomuk Mälzel en 1806, Beethoven l’a même célébré dans un mouvement de sa Huitième Symphonie. En bonne place sur nos pianos droits, il est le gendarme intransigeant qui impose sa pulsation aux camarades qui ne marcheraient pas au pas…  Diable ! lorsqu’un compositeur demande qu’on exécute son œuvre à 120 battements-minute, ce n’est ni 116 ni 126 ! Tac-tac, tac-tac. Mais comme la musique doit respirer, tous les chefs d’orchestre et les instrumentistes vous diront qu’il est indécent de jouer avec un métronome à la place du cœur…

En exceptant la marche militaire, seule la variété a visiblement décidé de respecter ce carcan. Existe-t-il beaucoup de chansons qui s’offriraient le luxe de ralentir à une modulation ou d’accélérer sur un crescendo ? Le public des émissions de variété à la TV ne saurait plus à quelle Sainte-Cadence se vouer… Tout est calibré, balisé, aseptisé, « boîte-à-rythmé ». Tac-tac, tac-tac. La durée ne doit pas dépasser trois minutes – contingences radio obligent ! – et s’il n’y a pas de fin, il suffit de répéter inlassablement le refrain en diminuant le volume. Le chef tout puissant s’appelle alors « batterie », et mélodies et harmonies doivent filer doux pour se soumettre à sa tyrannie. Quelle admiration portent d’ailleurs les jeunes à cet instrument étincelant, même si, dans les leçons de musique de nos collèges, ils découvrent qu’il n’est pas si facile à apprivoiser ! Et pour baigner depuis tant d’années dans la déferlante du rock, nos élèves, curieusement, n’en ont pas pour autant le sens du rythme plus développé que leurs aînés.

Soit dit en passant, je suis souvent dérangé en écoutant des chœurs d’enfants qui chantent sous la houlette de ce gourou des temps modernes : à nous imposer la métrique de manière si mécanique, on perd beaucoup en poésie et en émotion. Et pour l’anecdote, Jean-Pierre Huser m’a parlé d’un batteur à qui l’on avait demandé d’accompagner…Barbara dans « L’aigle noir » ! Il paraît que le résultat ne fut pas des plus réussis…

« La musique des sons et la musique du geste doivent être animées par la même émotion », écrivait Emile Jaques-Dalcroze il y a plus de cinquante ans. Etonnant précurseur que ce pédagogue et compositeur genevois qui prôna une appréhension de la musique par le corps, créant ainsi la rythmique. Que penserait-il en apercevant dans un train des jeunes se trémousser en mesure en écoutant leur baladeur ? Ces têtes mobiles ne sont-elles pas parfaitement en symbiose avec le rythme moteur de la musique ? Tac-tac, tac-tac. Et dans les rave party, les danseurs agglutinés devant les enceintes crachant leurs décibels ne s’étourdissent-ils pas – avec ou sans recours à la chimie – aux mamelles de la pulsation originelle ? Permettez une audacieuse comparaison ! Lorsque l’on voit sur nos quais de gare ou parfois sur le sol de quelques banques ou postes ces « lignes de sécurité » qu’il ne faut dépasser sous aucun prétexte, au risque d’affronter des regards réprobateurs, je pense toujours à ce besoin de balises que l’on retrouve si fort dans la culture du « tempo unique »…

Connaissez-vous le beat ? Si vous êtes locataire, ce sont ces coups sourds et réguliers qui traversent planchers et parois, dénotant chez vos voisins un attrait prononcé pour la house ou la techno ! Là, les sons sont fabriqués électroniquement, et les lois de l’acoustique et de la physique ondulatoire se chargent de vous livrer à domicile le trop-plein de basses. Après une demi-heure de boum-boum, boum-boum, vous vous demandez bien ce qui peut rendre ce CD si captivant et si différent des autres… Bon sang ! mais c’est bien sûr : cette musique d’assouvissement est destinée à la danse ! Mais vous voilà soudain désemparé en l’entendant s’échapper d’une voiture de sport qui passe toutes vitres baissées…

Moi, je pense alors à Johann Nepomuk Mälzel, tac-tac, tac-tac, qui doit bien s’amuser dans son cercueil en forme de métronome !